Strychnine Live à Brest 81
(Radioactivity 2009 LP)
Dans le paysage punk hexagonal des late 70's, Strychnine occupe une place à part parce qu'il ne sonne pas vraiment punk, il navigue habillement entre différents styles mais reste punk dans l'attitude, dans l'esprit, loin des poseurs des salons parisiens. Et en 1981, le gang bordelais reste en dehors des clous par rapport à ce qui se fait à ce moment-là, quand certains ont rangé le perf' au placard pour s'orienter variété et que d'autres, au contraire, glissent gentiment vers un hardcore qui parodie le punk originel. Strychnine s’en fout, il crache toujours sa bile, sur scène les riffs sont secs, le tempo tendu et Kick chante des textes en français, poétiques, presque maladifs, punks (la version de Alcool, my god !).
Live à Brest 81 n’est pas un disque propre, c’est un bootleg officiel avec quelques petites imperfections, témoignage brut de la scène de l'époque, enregistré à la volée pendant une des dernières dates du groupe. Un disque sur lequel on entend les cannettes qui s'entrechoquent, les clients du bar qui discutent, mais un disque passionnant qui capture l'essentiel, une suite de titres hargneux, une playlist issue des deux albums studio, Jeux Cruels et Je Veux, ainsi que des singles et surtout, un groupe performant. Seul petit regret, le concert est incomplet, avant Lâche-moi, coupé après l'intro parce que la bande magnétique arrive à sa fin, on entend Kick annoncer que le groupe va 'en faire quelques petits derniers, deux ou trois' ... trop tard, la cassette est finie. C'est donc un disque brut et c’est exactement ce qu’il faut. On l'écoute pour ses imperfections, on l’écoute pour sentir les odeurs d'alcool et l’ambiance de ce bar probablement enfumé, sans doute bondé. Le set est sauvage, la guitare, dépouillée de tout effet saturé, rappelle, avec la section rythmique, les enregistrements live de Joy Division et Gang Of Four, ces groupes qui revenaient à l'essentiel avec intensité. Pas de vernis ici, et surtout pas de 're-re' en studio, c'est Strychnine au moment où le punk français est encore un peu une affaire de nerfs, pas de nostalgie. Ce mouvement, commencé en retard pour beaucoup par rapport à l'Angleterre, mais pas pour les bordelais qui participaient déjà au festival de Mont de Marsan en 77.
Live à Brest 81 n’est donc pas un disque pour audiophiles, c’est un artefact vivant pour passionnés, un vrai album live, avec un bon son, intense, imparfait et indispensable.
Ce concert à Brest en 1981 montre l'importance des enregistrements clandestins, des 'bootlegs', car sans l'audace et la passion d'un spectateur présent dans ce bar ce soir-là, personne ne pourrait aujourd'hui revivre l'un des derniers concerts de ce groupe culte bordelais. L'histoire est racontée au verso de la pochette: quelqu'un a enregistré le concert en douce et a remis la cassette au batteur de Strychnine bien des années plus tard.
Je rembobine...
Dans le paysage punk hexagonal des late 70's, Strychnine occupe une place à part parce qu'il ne sonne pas vraiment punk, il navigue habillement entre différents styles mais reste punk dans l'attitude, dans l'esprit, loin des poseurs des salons parisiens. Et en 1981, le gang bordelais reste en dehors des clous par rapport à ce qui se fait à ce moment-là, quand certains ont rangé le perf' au placard pour s'orienter variété et que d'autres, au contraire, glissent gentiment vers un hardcore qui parodie le punk originel. Strychnine s’en fout, il crache toujours sa bile, sur scène les riffs sont secs, le tempo tendu et Kick chante des textes en français, poétiques, presque maladifs, punks (la version de Alcool, my god !).
Live à Brest 81 n’est pas un disque propre, c’est un bootleg officiel avec quelques petites imperfections, témoignage brut de la scène de l'époque, enregistré à la volée pendant une des dernières dates du groupe. Un disque sur lequel on entend les cannettes qui s'entrechoquent, les clients du bar qui discutent, mais un disque passionnant qui capture l'essentiel, une suite de titres hargneux, une playlist issue des deux albums studio, Jeux Cruels et Je Veux, ainsi que des singles et surtout, un groupe performant. Seul petit regret, le concert est incomplet, avant Lâche-moi, coupé après l'intro parce que la bande magnétique arrive à sa fin, on entend Kick annoncer que le groupe va 'en faire quelques petits derniers, deux ou trois' ... trop tard, la cassette est finie. C'est donc un disque brut et c’est exactement ce qu’il faut. On l'écoute pour ses imperfections, on l’écoute pour sentir les odeurs d'alcool et l’ambiance de ce bar probablement enfumé, sans doute bondé. Le set est sauvage, la guitare, dépouillée de tout effet saturé, rappelle, avec la section rythmique, les enregistrements live de Joy Division et Gang Of Four, ces groupes qui revenaient à l'essentiel avec intensité. Pas de vernis ici, et surtout pas de 're-re' en studio, c'est Strychnine au moment où le punk français est encore un peu une affaire de nerfs, pas de nostalgie. Ce mouvement, commencé en retard pour beaucoup par rapport à l'Angleterre, mais pas pour les bordelais qui participaient déjà au festival de Mont de Marsan en 77.
Live à Brest 81 n’est donc pas un disque pour audiophiles, c’est un artefact vivant pour passionnés, un vrai album live, avec un bon son, intense, imparfait et indispensable.
Fernand Naudin



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