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HITS À PÉRIGUEUX - CONCERT ANNULÉ MAIS SOIRÉE RÉUSSIE


Aujourd'hui, une petite anecdote pour changer des chroniques de disques et autres histoires du rock que j'ai l'habitude d'écrire. 
Dimanche 13 mai 2012, je me trouve au marché du disque de Périgueux en attendant le concert des australiens HITS qui doivent se produire dans un bar, non loin de là. 
Arrive le patron du lieu, tendu comme un arc, qui cherche les responsables de l'asso organisatrice. Assez stressé, il m'explique que le groupe est arrivé, que rien n'est prêt et que tout risque de tomber à l'eau.

J'ai du mal à y croire mais une fois sur place, je constate qu'effectivement les australiens sont là et le boss du troquet est formel, si le concert ne commence pas tout de suite, il ne se fera pas...

Je suis accompagné de quelques potes et nos amis du pays des kangourous font tristes mines. J'ai un peu de mal à réaliser ce qui se passe et je sens que l'histoire est plutôt mal engagée. Je m'avance vers 'Evil' Dick Richards, le chanteur, qui est dépité tandis que les deux guitaristes sont remontées comme des pendules. 

Après plusieurs longues minutes d'attente, l'affaire est pliée, le concert n'aura pas lieu et nous sommes tous déçus, bien évidemment. Je demande à Dick s'il a des disques à vendre, il ouvre les portes arrières du van et me tend le 7" Take Your Pills qu'il m'offre en m'expliquant qu'il est désolé. Désolé de quoi, mec? T'as traversé la planète pour jouer ici et c'est annulé, t'as pas à être désolé, peu importe la raison de l'annulation. Je lui tend un billet de dix euros qu'il refuse poliment. Au lieu de me faire payer le disque, il me le dédicace et le tend aux deux guitaristes pour qu'elles en fassent autant. Je suis assez dégoûté que la soirée tourne ainsi mais pas autant qu'eux.

Pour consoler tout le monde, une copine qui les héberge nous invite tous à boire un verre chez elle. Une fois installés dans le jardin, autours d'une table, à boire des coups, chacun se détend et l'histoire va aller au-delà d'un simple apéro. Nous discutons musique, bien sûr, les goûts des uns et ceux des autres, ouvrons des bouteilles de vin, parlons encore et encore et je deviens bilingue au fur et à mesure que 'Evil' Dick Richards et Stacey Coleman (guitare) remplissent mon verre. La magie de l'alcool, c'est incroyable. Ils sont adorables et ont une sacrée descente, les enfoirés ! Nous parlons bien sûr de rock australien, des Saints, des New Christs passés plusieurs fois dans la région, et de Radio Birdman. Je leur demande comment se passe la tournée, les dates précédentes se sont (heureusement) bien déroulées. Demain, ils seront à Toulouse mais je ne pourrai malheureusement pas aller les voir. 'Evil' Dick m'explique qu'ils sont en train de travailler sur un nouvel album et qu'il aimerait que Rob Younger le produise. Je leur demande pourquoi ils n'ont pas joué ce soir. Ils semblent qu'ils sont arrivés en retard, qu'ils se sont ratés avec l'organisateur et que le bar aurait eu des ennuis avec le voisinage si le concert avait eu lieu trop tard. Je suis étonné d'apprendre ça, car des concerts à cet endroit, j'en ai vu pas mal et ils ne se terminaient jamais très tôt. Pas facile, en tous cas, de concilier jet-lag, tournée et ponctualité. Tamara, l'autre guitariste, ne décolère pas, 'fuck the police' me dit-elle (elle l'a même écrit sur la pochette du disque). Ok, c'est la vie, ça n'empêche pas de passer un super moment mais je comprends qu'on puisse l'avoir mauvaise quand on vient d'aussi(e) loin. 

Après des heures passées avec ces gens merveilleux, je pars imbibé mais heureux (par chance, mon chauffeur ne boit pas). Je n'aurai jamais l'occasion de voir HITS sur scène, mais qu'importe, aujourd'hui il me reste le souvenir d'une soirée géniale avec un groupe plus que cool et des disques, parfaits, indispensables aux fans de rock musclé, qu'il soit australien ou pas.

Fernand Naudin

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