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ROAD TRIP TO THE COSMIC TRIP - BOURGES 2026

 


Vendredi 15 mai, pendant que la Croisette se remplit de badauds venus apercevoir quelques brochettes de stars, c’est un tout autre festival qui m’attend, loin de la Méditerranée. Direction le Loir-et-Cher pour retrouver Bol Bolito ainsi que Jenny et Martin Savage & The Jiggerz avec qui je prends la route du Cosmic Trip Festival de Bourges.

L'événement existe depuis une trentaine d’années et a vu passer du beau monde: Sonny Vincent, Jerry Spider Gang, King Khan, Neurotic Swingers, The Satelliters, The Cynics, Love Me Nots ou encore Lyres, pour ne citer qu’eux.

Cette nouvelle édition est largement placée sous le signe du punk-rock, avec quelques formations plus rock’n’roll qui vont s’avérer redoutablement efficaces sur scène. Le site, installé sur une ancienne friche industrielle, est particulièrement agréable, d’anciens ateliers transformés en salles de concert, d’autres bâtiments reconvertis en zone de stockage pour le matériel et, dès l’entrée, des stands de disques qui nous tendent les bras, sans parler du merchandising... difficile d'y résister.

Après une première soirée assurée, la veille, par Roberta Lips et Tuff Guac, le vrai coup d’envoi de notre week-end arrive ce vendredi. The Highmarts et Craig Shaw & The Excellos ouvrent les hostilités, mais un problème de timing et un apéro prolongé m’empêchent de les voir. Dommage, car les retours que j'en aurai ensuite seront tous excellents.

Vers 21h30, Martin Savage & The Jiggerz investissent la scène de la Jungle Room et font immédiatement grimper la température de la petite salle. Déjà excellents sur disque, les morceaux prennent ici une toute autre ampleur. Le rock’n’roll du power trio anglo-suédois flirte autant avec le pub rock qu’avec le punk et depuis le côté de la scène, j’observe une salle bondée basculer rapidement en surchauffe. En fin de set, Bol Bolito à la guitare et Jenny 'Savage' au chant rejoignent le groupe pour deux reprises, dont une version survitaminée de Long Gone des Customs. Moment intense et une soirée qui démarre bien.

Bol, Éric, Martin, U.T. et Jenny

Après avoir manqué le concert des 50 Kaitenz et croisé Djo Gang, venu spécialement d’Orléans, je file voir Cowboys From Outerspace dans la Jungle Room. Le trio balance un rock’n’roll incandescent avec une énergie impressionnante. Malgré une corde cassée dès le début du set, le groupe assure sans faiblir jusqu’au bout. Une vraie bonne découverte live, même observée d’un peu loin.

La corde de Mi aigue n'aura pas tenu

Il est presque minuit lorsque je rejoins la grande salle pour Guitar Wolf. Le gang japonais traîne une réputation de groupe jouant avec tous les potards dans le rouge, même si les guitares sont complètement désaccordées. Je ne connais d’eux que l'album Missile Me, un disque rarement écouté mais fidèle à cette réputation de punk’n’roll sale et ultra low-fi. Curieux de voir le résultat sur scène, je déchante assez vite. Le son manque cruellement de puissance en façade et les poses du groupe ne suffisent pas à masquer l’absence totale de feeling. Sauter dans le public, vider des bières cul sec et hurler entre les morceaux ne fait pas tout, encore faut-il de vraies chansons... et ce soir, c’est précisément ce qui manque le plus à Guitar Wolf. Dommage.

Retour dans la Jungle Room pour Bella & The Bizarre, le groupe de Bella Khan, fille de King Khan. Le set est solide et, malgré les comparaisons souvent faites avec les Ramones ou Wanda Jackson, ce que j’entends ce soir évoque davantage un très bon groupe de garage psyché teinté de folk. La prestation est maîtrisée, l’attitude impeccable, et je me promets d’aller creuser un peu plus le sujet dès que possible.

Bella Khan. Photo Bol Bolito
Après quelques verres, Bol et moi rentrons dormir un court moment avant de conduire Martin Savage, les Jiggerz et Jenny à la gare routière pour leur départ vers Montreuil où ils jouent le samedi soir.

Retour ensuite au Cosmic Trip, où nous retrouvons quelques membres de l’organisation et plusieurs amis. Nous échangeons quelques mots avec Peder Andersson de Moons Of Saturn, puis avec Bernadette des Gee Strings, toujours aussi sympathique.

Assis autour d’une table, huîtres et vin blanc effacent rapidement le manque de sommeil. Fred Mosrite fait la promotion de The Lost Tapes pendant que je discute musique avec François Jouvenaux, Saymoon Cooke et Manu Draluos, venu en famille. Sur une petite scène montée à l’extérieur près des stands de disques, The Cambrones puis Deadshots animent l'après-midi tandis que nous profitons enfin d’un soleil qui commence à taper sérieusement. Happy !

Moons Of Saturn

En début de soirée, je manque The Melmacs mais arrive juste à temps pour Moons Of Saturn. Les deux anciens Curse sont eux aussi impressionnants. Comme souvent avec les bons groupes, les morceaux prennent une dimension différente en live : plus hypnotiques, plus habités. I Don’t Mind, Never Get Invited, Biding My Time, Gimme Some More… c’est puissant du début à la fin.

Pas le temps de souffler, je retourne immédiatement à la Jungle Room où les Gee Strings s’apprêtent à dégainer leur punk ’77. Bernadette branche sa Les Paul et le groupe démarre pied au plancher. Les morceaux de Speed Soul Racer côtoient ceux des albums précédents et, pendant quelques instants, je me retrouve autant ici que dans mes souvenirs de concerts à Périgueux ou Bordeaux. Les revoir sur scène est un vrai bonheur. Après le set, quelques mots sont échangés au stand merch' où ils nous gardent nos disques (sympas), puis nouvelle décharge de punk-rock avec The Briefs.

The Gee Strings. Ph Bol Bolito
Les Américains affichent une maîtrise totale: look impeccable, lunettes plastiques, chemises, cravates et cheveux blond platine façon Jerry Nolan, l'attitude est parfaite et les morceaux imparables. Il faudrait être sacrément difficile pour trouver à redire, c'est un zéro faute du début à la fin. Je croise d’ailleurs Didier Filloux, de l’association Zero Hour, qui les a vus la veille à Tours et partage exactement le même enthousiasme.

Comme si cela ne suffisait pas, Automatic Lovers finit de nous retourner le cerveau avec un set déchaîné. Arturo Castellano est un guitariste redoutable, probablement diplômé avec mention en punk-rock façon Cheetah Chrome. Nourri au rock’n’roll incendiaire des Dead Boys, MC5 et autres Damned le groupe possède autant l’attitude que les chansons. Ces gamins ont tout compris à l’école du punk ’77. Un des grands moments du festival, sur scène comme sur disque.

Automatic Lovers. Ph Bol Bolito

Après The Ceasars, Bart And The Brats assène la dernière secousse sismique du week-end. Magnitude 12 sur l’échelle du punk-rock. Bart joue au plus près du public qui le lui rend bien entre vannes amicales, provocations et humour ('Ta gueule et joue !'). Le groupe reste toujours aussi allergique aux Beatles et livre un concert de très très haut niveau. Une première pour moi, mais certainement pas la dernière.

Vers deux heures du matin, Bol et moi regagnons finalement la piaule, la tête encore remplie de guitares saturées, de punk et d'énergie, avant de reprendre la route chacun de notre côté le lendemain. En se promettant, évidemment, de refaire ce voyage cosmique l’année prochaine.

Un rendez-vous incontournable.

Bart & The Brats

Fernand Naudin

Ils y étaient aussi... Ph Bol Bolito

Commentaires

BOL BOLITO a dit…
cool review buddy!! pour compléter, il faisait exceptionnellement frais cette année au Cosmic Trip Festival, aussi, plus de gens dans les salles, ce qui a occasionné quelques difficultés de circulation sur les grands axes du rock'n'roll, notamment aux abords des centres sous les feux des projecteurs. Encore une fois, je salue la programmation, l'équipe du Cosmic, les "vieux" et les plus jeunes qui donnent énergie et passion pour que la fête soit totale. C'est toujours du bonheur, en façade comme à l'extérieur avec le plaisir de discussions trop rares avec certains. Merci à toi aussi pour ton soutien avec le groupe, et je prépare mon sac pour l'année prochaine! 😉 ah! et j'oubliais, merci à Martin et ses Jiggerz, c'était trop bon de partager la scène un moment avec mes potes!!

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