Accéder au contenu principal

FLASHBACK - QUAND THE CURSE METTAIENT LE FEU À PÉRIGUEUX


The Curse
... Je lisais ce nom pour la première fois à l'occasion de la sortie de l'album Suck It In, Spit It Out en 2011. Les internautes ne tarissant pas d'éloges à son sujet, je me rendais au plus vite à la Démothèque pour l'acheter sans même prendre le temps de l'écouter. Une fois la galette posée sur ma platine, je réalisais à quel point le groupe était en phase avec les gangs qu'il citait comme influences sur la pochette, The Who, New York Dolls, Sex Pistols et Dr Feelgood étaient pour moi une évidence. The Curse était le mix parfait entre ces groupes et notre époque, un rock n'roll incendiaire, actuel et directement inspiré par ces formations des 60's et des 70's.

Quelques années plus tard, le gang suédois passait par Périgueux où il jouait dans un bar disparu depuis, L'Écume des Jours. En première partie, les locaux Red Eye Ball chauffaient les lieux sans grand mal tellement l'endroit était petit et le public venu en nombre. The Curse étaient en France pour soutenir leur nouvel album, World Domination, et ce soir à Périgueux, ils étaient en très grande forme. Anders Gustawsson, sorte de croisement entre Ian Hunter et Chris Bailey avec tatouage L.A.M.F. en haut du bras, assurait le show avec la classe des meilleurs frontmen tandis que le reste du groupe mettait le feu comme jamais (et pourtant, les bons groupes à être passés dans ce bar étaient déjà nombreux à ce moment-là). Le set était constitué de titres des deux albums dont Suck It In Spit It Out et World Of Domination, les moments forts du concert avec le très dansant Stand Up et l'instrumental Pink Soap Horrific. Après un set d'environ une heure et une pause backstage, le groupe nous achevait avec Don't Teach Daddy How To Fuck en rappel. J'étais conquis et achetais un des derniers exemplaires du single Son Of A Bitch disponible au stand du merchandising.

Trois ans après, The Curse revenaient nous voir à l'occasion de la sortie du troisième album, Calcutta Sunrise, aussi puissant et abouti que les deux premiers. Je profitais de leur passage pour réaliser une interview pour le fanzine Dead Groll.
Échange passionnant avant la soirée aux Toqués, autre bar à concerts de Périgueux à l'époque. Au cours de la discussion, j'apprenais que chacun avait commencé à faire de la musique en groupe aux alentours de 14/15 ans, du punk-rock pour la plupart (Anders Gustawsson, grand fan des New York Dolls, avec The Imps). Outre les groupes listés au verso de la pochette du premier album, Hakan Gostas citait la scène de Manchester des années 80 et 90 ainsi que Black Sabbath, The Hives et Blur.
Plus tard, Anders Gustawsson écrirait également quelques bons mots pour le numéro 7 de Dead Groll

Dead Groll n°7

Le soir venu, The Curse livraient un show puissant, mêlant titres récents et plus anciens, Anders faisait reprendre en chœur certaines chansons faciles à mémoriser (I don't give a shit, give a shit, give a shit about progress, I don't give a shit...). Hakan Gostas envoutait le public à coup de riffs assassins, épaulé par une section rythmique à couper le souffle. Trois ans après leur première visite en Périgord, The Curse confirmaient leur place aux côtés des meilleurs groupes scandinaves tels qu'Hellacopters, The Nomads et Turbonegro, pour ne citer qu'eux.

Après le concert, je faisais signer mon exemplaire de Calcutta Sunrise et me promettais de les revoir si l'occasion se représentait, ce qui n'arriverait malheureusement pas. Je gardais toutefois contact avec eux grâce à Facebook et j'échangeais quelques disques avec Anders dans les années qui suivaient.

Aujourd'hui, The Curse n'existent plus mais la succession assurée par Moons Of Saturn et The Bwanas montre que la Suède n'a pas fini d'accoucher de très bons groupes de rock n'roll.

Fernand Naudin

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MONSTER CHRONICLES - SLAMDINISTAS : WILD & RESTLESS

SLAMDINISTAS: Wild & Restless (Rum Bar Records LP/CD avril 2025) Je viens de découvrir ce groupe et cet album grâce à... Voix de Garage ! On ne change pas une équipe qui gagne, n'est-ce pas?  Slamdinistas est ce qu'on a coutume d'appeler un 'super band'  formé de musiciens expérimentés issus de Pat Todd And The Rankoutsiders , Chris Spedding , The Dogs  ou encore Jail Guitar Doors . La collaboration de ces solides gaillards aboutit à un disque au spectre très large. On y trouve du Glam U.S. comme il se faisait dans les années 80, du Punk, du Rock 'californien' qui chauffe comme le soleil sur Pacific Beach et même un titre avec une bonne grosse basse Funk,  Latch Key Kids , qui rappelle beaucoup ce que faisait Paul Simonon avec  The Clash  et les Stones période Some Girls . Du Funk-Rock, si on peut appeler ça ainsi. Et du Rock, il y en a beaucoup dans cet album, suffisament pour y trouver des ressemblances avec  Social Distortion , Ravagers , Neu...

MONSTER STORY - THE SEX PISTOLS' SPUNK BOOTLEG

  Spunk : label original SEX PISTOLS : SPUNK  (Blank records, bootleg LP 1977) Les questions posées par les fans et collectionneurs sur les réseaux sociaux m'ont amené à retracer l'histoire du bootleg LP le plus célèbre des Sex Pistols :   Spunk. A l'été 1977, l'album officiel du groupe n'est pas encore sorti et des petits malins - qui possèdent les démos enregistrées par le producteur/sonorisateur Dave Goodman - ne se privent pas pour sortir un des premiers bootlegs du groupe. Spunk  voit le jour en août ou septembre, selon les sources, soit quelques semaines avant l'album  Never Mind The Bollocks . Ce disque est donc un bootleg et n'est absolument pas autorisé, ni par le groupe, ni par son management, même s'il se raconte que le manager Malcolm McLaren n'est pas étranger à l'histoire. D'autres affirment que c'est Dave Goodman, mal payé pour son travail de producteur, qui aurait décidé de se rembourser en vendant cet album.  Original ...

MONSTER STORY - SO ALONE ? JOHNNY THUNDERS EN FRANCE, PAS SI SEUL.

Après le split des Hearbreakers , Johnny Thunders envisage de former un nouveau groupe avec Walter Lure et Billy Rath mais sans Jerry Nolan. Finalement, il part en solo mais maintient sa collaboration avec ses anciens compagnons Lure et Rath pour l'enregistrement de son album So Alone . Les sessions ont lieu aux  Basing Streets Studios de Londres, de janvier à juin 1978 et contrairement au titre de l'album, Johnny Thunders est bien entouré. Ils sont plus de quinze invités à  participer, musiciens, choristes, chanteurs et chanteuses, de Chrissie Hynde des  Pretenders , à Peter Perrett des  Only Ones , en passant par les  Hot Rods , deux ex  Pistols et Phil Lynott de  Thin Lizzy  sans oublier son fidèle lieutenant Henri Paul Tortosa avec qui il fondera Cosa Nostra quelques années plus tard. C'est un peu la crème de la crème de la scène Rock du moment qui épaule Johnny pour ce premier LP studio. Et le résultat est parfait, entre reprises des Shangr...

BLOGS ET PODCASTS