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INTERVIEW ÉLÉONORE ROCHAS : LE PUNK 77, LE POST-PUNK, LA POP. J'ADORE LA POP !


Tu as créé le fanzine Dead Groll il y a une grosse dizaine d'années, pourquoi y avoir mis fin ?

Je n'ai pas arrêté Dead Groll à proprement dit, je continue le fanzine, c'est juste que ça s'est transformé et j'avais envie d'un autre nom parce que Dead Groll était très marqué 'scène rock garage'. J'avais en tête de faire quelque chose de plus large qui puisse parler à la fois de poésie, de photo, de cinéma et pas être cantonné uniquement à l'univers rock. Dead Groll, c'était mon adolescence, j'aime toujours autant le rock mais j'écoute de plus en plus de choses différentes et le petit côté 'sectaire' commençait à me déplaire un peu. Et puis, les articles de quatre pages, certains les lisent mais pour ceux qui n’ont pas les références et qui ne connaissent pas forcément ce milieu-là, ça peut vite devenir imbitable. Je voulais quelque chose de plus simple, de plus accessible sans l’être trop non plus et pouvoir plutôt consacrer de pleines pages à des dessins, des photos, des poèmes, pour les mettre en valeur. Donc ça reste Dead Groll productions, l'association, et le fanzine par contre s'appelle désormais Cataplasme mais ça reste Dead Groll qui produit Cataplasme comme ça, Dead Groll n'est pas bien loin.

Et il y en aura d'autres ou c'était un one shot ?

Selon l'envie, selon le temps, selon les motivations. Je n’ai pas envie de m’imposer d’obligations. J'ai envie de dire que non, il n’y en aura pas d’autres, parce qu’à chaque fois que je dis non il y en a quand même un autre qui voit le jour ! Si je dis oui, je sens que je pourrai que me décevoir. Donc en fait, c’est un peu un non qui veut dire oui… 😊

Musicalement, tu fais des concerts seules, en acoustique ou électro-acoustique, c'est juste un passe-temps ou bien tu prévois de faire des choses en studio, d'enregistrer et de sortir des disques ?

Non, passe-temps non, je n’aime pas ce mot parce que 'passe-temps' ça veut dire passer le temps et le temps, il passe déjà beaucoup trop vite comme ça sans avoir envie de le passer. Je dirai donc que c’est tout simplement pour me faire plaisir et sans aucune prétention. J'aime beaucoup la folk music que je redécouvre avec Elliot Smith ou Townes Van Zandt… Par expérience, avec les groupes c'est parfois compliqué de faire des choses, d’avancer, de se réunir, de faire concorder les envies et agendas de chacun… Seule, bah, au moins tu t’emmerdes beaucoup moins ! Ce qui ne t’empêche pas de garder le kiff du groupe. J’en suis qu’aux balbutiements mais j’aimerais développer un projet solo constitué uniquement de compos. Pour l’instant je me considère comme de la musique de feu de camp haha ! Mais je compte bien bosser pour enrichir mes compos, j’aimerais travailler avec un looper et travailler mes deuxièmes voix, pourquoi pas une boîte à rythme aussi et alterner guitare acoustique et guitare électrique ? Bref, je me cherche et il faut que je me tourne vers les bonnes personnes pour m’aiguiller. Ça ne devrait pas être trop compliquée au vu des nombreuses personnes talentueuses de mon entourage !

Tu chantes également dans un groupe, Under Medical Control, tu peux m'en parler ?

A 18 ans, j’étais fan d'un groupe qui s'appelait Three Headed Dog dans lequel jouait Brenko, notre guitariste. Il a joué aussi dans Dimi Dero Inc et a fréquenté Rob Younger, Penny Ikinger etc.. J’étais fan de son trio avec Pascal Manganaro à la batterie et Vincent 'Vince' Guilluy qui joue d’ailleurs actuellement avec Kim Salmon à la basse. Je les avais découverts à Toulouse, j'avais kiffé, j'avais leur vinyle que je connaissais par cœur. Douze ans plus tard, je retrouve Brenko sur les réseaux et je lui envoie un message en lui demandant si Three Headed Dog jouait toujours. Il me répond que non mais qu’il a écouté le son de mon groupe toulousain, Bye-Bye Marilyn, et qu’il aime beaucoup ma voix. De fil en aiguille, on s’est donné rendez-vous sur un concert de Stiff Richards à Aubervilliers, un été, et on s’est dit qu’on allait tenter de faire un truc à distance.
Il m'a fait acheter ma première carte son et on s’est mis à bosser comme ça. Il m’envoyait ses morceaux, avec ses parties guitare, basse, batterie et je calais le chant histoire de préparer les répètes et d’optimiser au mieux le temps qu’on pouvait avoir quand je montais sur Paris. Bernard des True Faith et de l’asso parisienne les Barrocks nous a rejoint à la basse et Enzo, le neveu de Brenko, à la batterie.

Et vous avez commencé il y a combien de temps ?

Ca fait 2 ans ou 3 ans je sais plus, le temps passe beaucoup trop vite…

Vous avez enregistré 7 titres récemment. L'enregistrement a eu lieu où ?

A l'Auditorium de Saint-Ouen, par Tristan Abgrall, qui a notamment fait des prods pour Jad Wio.

Vous l'avez choisi lui à cause de ça ?

Pas du tout, non. C’est un proche qui m’a conseillé de contacter ce studio quand je lui ai dit qu’on cherchait un studio en région parisienne. Mais on a croisé Denis Bortek plusieurs fois d'ailleurs. Bref voilà, ça s'est fait en plusieurs fois, ça a été un peu long mais c'était chouette, on a voulu prendre le temps de vraiment faire les choses bien.


C'est quoi un peu long ? Vous avez fait 7 titres, ça vous a pris combien de temps ?

En une journée, on a enregistré quasi tous les titres et après on y est retourné pour refaire quelques voix, les 're-re' de guitare, les chœurs aussi… Et puis, s’en sont suivi des sessions de mix étalées sur plusieurs mois. Tristan a été top, super dispo, très à l’écoute, de bon conseil, il a capté le truc… Brenko et lui ont passé des nuits blanches à travailler sur le mix.

Vos influences musicales ?


C'est difficile, je ne vais pas parler pour eux, je sais que Jean-Luc, le gratteux, est un gros fan de John Spencer, de Kim Gordon, après vient aussi pas mal du rock australien, même si maintenant il s'en détache, Bernard le bassiste, reste très rock australien, rock garage, Enzo le batteur il est plus jeune, plus fusion, je ne sais pas trop ce qu'il écoute Enzo et moi le punk 77, le post-punk, la pop et après plein d'autres influences qui ne se ressentent pas forcément dans la musique parce que j'écoute un tas d'autres choses.

Il y a un mélange de beaucoup de genres dans votre musique, j'entends du rock, du psyché, pas vraiment du métal mais on va dire un rock assez 'costaud' question guitares, de la pop, etc.

La pop c'est plutôt moi, Jean-Luc est plutôt rock à grosse guitare, gros son, un peu barré, riff bancale/déstructuré… C’est notre caution 'brin de folie' et un compositeur hors pair ! Moi c'est mon côté pop qui ressort le plus, j'ai envie de mettre un peu de mélodie dans tout ça, et ouais, j'adore la pop !

Donc maintenant, il vous reste à essayer de trouver des concerts, travailler un peu le côté scène ?

C'est ça, parce que forcément quand t'enregistres et que t'as plein de guitare qui se superposent et qu'au final tu joues et que t'as qu'une seule guitare, ben en direct c'est plus pauvre, tu te sens presque nu, donc on se pose même la question de trouver un second guitariste pour remplir un peu l'espace afin que ce soit un peu plus cohérent avec l'enregistrement.

Un second guitariste. Pourquoi pas. A suivre, donc...

Merci Éléonore !

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