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HOT OFF THE PRESS : THE RETURN OF THE NEW YORK DOLLS - LIVE AT THE MERCER ARTS CENTER 1972


Après le décès de leur batteur, Billy Murcia, le 6 novembre 1972 à Londres, les New York Dolls retournent aux USA et auditionnent des musiciens pour le remplacer. Leur choix se porte sur une connaissance de leur guitariste Sylvain Sylvain, un ancien batteur de Suzy Quatro, autodidacte ayant appris à jouer en écoutant Gene Vincent et Eddie Cochran lorsqu'il n'avait qu'une douzaine d'années: Jerry Nolan. Sûr de lui et plein d'audace, à l'issue de la première audition, il lance à David Johansen: 'eh bien, je crois qu'il n'y a qu'un type qui peut faire le job et le faire bien, c'est moi'. Il est engagé et fait son premier concert le 19 décembre 1972 au Mercer Arts Center de New York.

Pour marquer l'événement, le manager Steve Leber réserve une des plus grande salle du lieu et invite des responsables de maisons de disques. Dans le public se trouve Paul Nelson (pas Bill comme c'est écrit sur le LP Return Of The New York Dolls), un hippie habitué des lieux qui travaille pour Mercury Records. Fan du groupe depuis un concert au mois d'août, il décide de venir avec un magnétophone et capture le tout premier live de Jerry Nolan en tant que New York Doll, ce qui fait de son enregistrement un des documents les plus intéressants de l'histoire des poupées de New York. On y entend un groupe redoutablement efficace avec un batteur parfaitement en place, capable d'assurer des sessions studio dès que cela sera nécessaire. Tout est déjà là, la folie et la sauvagerie des New York Dolls tels qu'on les connaitra ensuite à travers leurs albums et différents documents audio et vidéo, la déjante d'un groupe formé il y a un peu plus d'un an, à peine, lorsqu'il s'appelait The Actress. Paul Nelson est tellement convaincu par le concert qu'il fait tout pour les faire signer par Mercury, ce qui aura lieu quelques semaines plus tard.


Le set débute avec la reprise brute de Chuck Berry, Back In The USA, suivi de titres qui figureront ensuite sur les deux albums studio dont une version courte de Stranded In the Jungle, probablement encore en 'rodage' depuis l'arrivée de Jerry Nolan. Le reste est carrément punk avant l'heure, Subway Train, Looking For A Kiss, Frankenstein et Human Being sont totalement habités, Johansen chante avec cette mélancolie qui le caractérise si bien tandis que Syl Sylvain et Thunders, armés de leurs Gibson Les Paul, redonnent vie à un rock n'roll sincère et sauvage à une époque où il est de bon ton de faire des démonstrations de guitare pendant des heures... 
Punk ! 
À la fin du set, David Johansen donne rendez-vous aux spectateurs le samedi suivant au Filmore East. 

Grâce à Paul Nelson, cette soirée est donc immortalisée et par chance la bande n'a pas disparu après son décès. Un premier LP voit le jour courant juin 2026 aux USA, intitulé Welcome Jerry Nolan, suivi d'un second très probablement européen, The Return Of The New York Dolls, le mois suivant.

Les deux reprennent le concept des pochettes assez sobres des premiers bootlegs des 70's et bénéficient d'une qualité audio très convenable, surtout pour l'époque. La référence TAKRL 1972 est un clin d'œil au label The Amazing Kornyfone Record Label qui sévissait aux USA.  

À propos des New York Dolls, Paul Nelson écrivait:

Les Dolls et leurs premiers fans, c’étaient ces jeunes qui se faufilaient au Fillmore East tous les samedis soirs. Des années plus tard, lorsque leur heure musicale est venue, ils étaient impatients de construire leur propre fusée artisanale et de l’envoyer vers la Lune pour un voyage de retour vers l’innocence. Si le carburant était davantage de l’énergie d’amateurs que du talent professionnel, eh bien, il fallait faire avec ce qu’on avait sous la main, ce qui est sans doute la règle d’or des enfants de la rue.


Et c’était merveilleux de voir le groupe jouer du rock’n’roll avec l’enthousiasme de cinq personnes qui avaient l’impression de l’avoir inventé et agissaient comme si c’était le cas, sans avoir encore tout à fait peaufiné les détails, mais qu’importe ? C’était un éclat brut, un plaisir sincère, d’une franchise érotique, qui semblait les définir et les rendre indissociables de leurs semblables. S’ils n’ont rien inventé, ils ont néanmoins présenté une vision singulière des jeunes égarés, errant dans la ville la nuit 'à la recherche d’un baiser, pas d’une dose', des 'jet boys' cosmiques survolant New York complètement défoncés, adolescents devenus un groupe 'Frankenstein', et ont ramené la musique à une époque plus simple où il n’y avait pratiquement pas de solos, et tout le monde jouait et chantait de toutes ses forces jusqu’à l'épuisement. Ce qui n’arrivait pas souvent.

(Everything Is an Afterthought: The Life and Writings of Paul Nelson de Kevin Avery aux éditions Fantagraphics Books)


Le Mercer Arts Center, berceau de l'art, du rock et du punk new-yorkais, s'est accidentellement effondré le 3 août 1973. 

Fernand Naudin

Commentaires

Pierre Anselme a dit…
Génial cet article, j'ignorais que ce concert existait. Les premiers "pas" de Jerry Nolan en tant que poupée new-yorkaise, c'est historique, va falloir que je le trouve. Merci pour toutes ces infos, j'adore les Dolls !
Monster a dit…
Hello Pierre, merci pour ton commentaire, ton avis me fait plaisir. Bonnes vacances en te souhaitant de trouver ce disque !

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