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FLASHBACK : NIGHT OF THE LIVING DEAD BOYS LP


Comme évoqué dans Monster Story, début 1979, les Dead Boys n'existent plus mais doivent contractuellement un troisième album à Sire Records. Le groupe (particulièrement Cheetah Chrome) est farouchement opposé à l'idée de retourner en studio et de toutes façons, il n'a quasiment rien écrit de nouveau depuis la sortie de We Have Cum For Your Children, sorti l'année précédente. Seymour Stein, le boss de Sire, exige pourtant un nouvel album studio mais face à l'obstination des Dead Boys d'enregistrer un album live, il finit par céder. Les tensions entre le groupe et la maison de disques sont au sommet, Stein a assez souffert des réunions chaotiques avec le gang de Stiv Bators et veut vite passer à autre chose, il accepte donc qu'un album live soit enregistré en guise de troisième et dernier disque pour Sire. 
En mars 1979, bien que les Dead Boys ne soient plus en très grande forme et que des tensions existent au sein du groupe, un concert a lieu au CBGB's. Il est enregistré par l'ingénieur du son Charlie Martin et Stiv Bators prend un malin plaisir à saboter le concert en chantant, la plupart du temps, à côté du micro pour que les bandes magnétiques ne puissent pas être exploitées par Sire.

Malgré le sabotage, le groupe remplit son contrat en fournissant un enregistrement à sa maison de disque qui, de son côté, ne veut plus dépenser un centime sur les Dead Boys. Seymour Stein met fin au contrat, de façon tout à fait légale et les bandes sont rangées dans les archives de Sire où elles vont dormir pendant environ deux ans.
En 1980, Stiv Bators sort son premier album solo sur Bomp! et les relations avec le boss du label, Greg Shaw, sont excellentes au point que les deux hommes conviennent de réenregistrer ce fameux concert saboté des Dead Boys. Shaw rachète les bandes pour une somme assez modique, mais restée secrète, à Seymour Stein. Certains affirment que l'enregistrement a été bradé tant Stein souhaite se débarrasser de ce 'déchet'. 
En une journée d'avril 1981, Stiv Bators refait tout le chant du concert au Perspective Sound Studios de Los Angeles, accompagné du producteur Thom Wilson, qui a également travaillé sur son album solo. Comme Sire envisageait de sortir le concert officiellement, Charlie Martin l'a enregistré en multipistes ce qui permet à Wilson d'effacer la voix de Bators avant de lui faire refaire. La légende raconte que le chanteur est passablement ivre lors de la session d'overdubs et que cela ne facilite pas le travail de Wilson mais donne finalement un résultat plus que convenable à l'ensemble, Bators chante un peu à côté du tempo sur Sonic Reducer, ce qui donne vraiment l'impression qu'il s'agit de la vraie prise live. Il pousse même jusqu'à ajouter des petites phrases durant les chansons et s'excuse ironiquement auprès de Charlie Martin après Ain't Nothing To Do... Wilson ajoute aussi de la réverbération pour donner un côté live, jugeant que la bande d'origine manque un peu de relief.


Bomp! sort l'album le 17 septembre 1981 avec comme slogan promotionnel 'like herpes, they keep coming back' (comme l'herpès, ils reviennent toujours) publié dans le fanzine Who Put The Bomp! et d'autres revues underground. Le nom de l'album est bien sûr une référence au cinéma d'horreur et particulièrement au film Night Of The Living Dead. Le premier titre, Detention Home, est inédit à l'époque, ce qui suscite l'intérêt des fans. 
À sa sortie, les anciens membres du groupe vivent assez mal que Stiv Bators ait refait les voix sans leur en parler mais comme ils étaient tous en conflit avec Stein, ils passent finalement l'éponge assez vite et acceptent la sortie de cet album qui est plutôt bien accueilli par la critique.
En 1984, la société parisienne FGL paye des droits de réédition pour le marché français et sort l'album sur son label Lolita. La pochette est différente et montre les Dead Boys sous différentes postures au verso de la pochette, toutes assez punks.


Sans être exceptionnel, Night Of The Living Dead Boys permet de découvrir le groupe en concert lorsqu'il arrive dans les bacs des disquaires. Les fans ignorant que c'est presqu'un faux live. Aujourd'hui, même en connaissant l'embrouille, j'ai toujours autant de plaisir à l'écouter, peut-être parce qu'il a été un de mes premiers disques punks achetés à l'époque. 

Fernand Naudin

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