Il a fait vilain temps, dans le Sud-Ouest, ces derniers jours. Au point que certains n'ont malheureusement pas pu sortir de chez eux pour assister au concert de Dion Lunadon et Des Demonas. Une soirée organisée dans le cadre du festival itinérant Les Nuits De L'Alligator qui fête ses vingt ans cette année.
Arrivé en avance, je découvre la salle de La Basane et retrouve Fred Mosrite, du label Prairie Dogs Music, avec qui j'échange quelques mots sur la sortie imminente de l'album inédit de Out Of The Fire.
Dion Lunadon ouvre la soirée devant une quarantaine de personnes seulement. Cela ne semble pas le déranger le moins du monde. L'intro super sonique est enchaînée à Com/Broke, son premier single garage punk, exécuté avec le naturel d'un gaillard qui en a vu d'autres. Le gang qui l'accompagne est redoutable, cuir, lunettes noires, tempo assassin pour un set sous haute tension. Dion Lunadon joue punk comme en 1976, titre qui fera partie de la fin du concert, avant l'apocalyptique Eliminator au cours duquel il maltraitera sa Gibson avec une énorme chaine qu'il a l'habitude d'utiliser pour faire sortir larsens et esprits torturés de son ampli Fender.
Son jeu est sec comme un coup de batte et son punk-rock rappelle les Stooges et les Testors mais sa façon de jouer lui est propre, il a un don particulier pour les riffs très courts et incisifs, c'est juste autant que précis.
Après une cinquantaine de minutes de ce rock brut et incendiaire, la salle se rallume. Il n'y aura malheureusement pas de rappel, mais qu'importe finalement, je viens enfin de voir Dion Lunadon sur scène et c'était parfait, c'est donc tout ce qui compte.
Des Demonas jouent dans un tout autre registre. Originaires de Washington, ils naviguent entre garage et rhythm & blues 60's, rappellent parfois les Doors et l'impressionnant guitariste Mark Cisneros est aussi efficace lorsqu'il joue funk, rock ou soul.
Jacky Cougar, chanteur immense, se laisse parfois aller au rap et au slam, la fusion des genres est intéressante. Ce soir, c'est 'une salle, deux ambiances', avec un bémol, toutefois, la voix de Jacky Cougar est un peu en retrait par moments, les maracas couvrent ses mots, mais cela ne m'empêche pas d'apprécier le set. Le groupe est solide, Jacky Cougar talentueux, les gens s'amusent et c'est finalement tout ce qui compte.
Dernières sorties:
Dion Lunadon: Memory Burn (Beast Records mini LP 2024)
Des Demonas: Apocalyptic Boom! Boom! (In The Red Records LP 2024)
Fernand Naudin




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