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FLASHBACK : NEW YORK DOLLS - RED PATENT LEATHER LP

 
Red Patent Leather, parfois considéré comme le troisième album des New York Dolls, est surtout une archive passionnante sortie par le label parisien Fan Club, en 1984, soit presque dix ans après le split du gang new-yorkais. Un document audio qui a valeur de témoignage et qui permet de découvrir le groupe en 1975 lorsqu'il jouait au Little Hippodrome de New York, peu de temps avant son crash en Floride. Il contient une bande live enregistrée le 2 mars et le nom de l'album vient d'une des dernières chansons composées par les Dolls. Un titre qui donne l'idée à David Johansen et ses acolytes de s'habiller en vêtements de cuir rouge. Pour rappel, ce concept ne vient pas de leur nouvel ami de l'époque et auto-proclamé manager, Malcolm McLaren, qui ne se prive pas, cependant, de se présenter ainsi auprès des médias et organisateurs de concerts, et de communiquer sur les 'mensonges' des vrais managers Leber, Krebs et Thau ainsi que sur des amitiés imaginaires du groupe avec la République Populaire de Chine. Une idée farfelue qui n'attire pas forcément la sympathie de tous alors que les troupes US s'embourbent dans la guerre du Vietnam qui prend fin quasiment deux mois plus tard.

Le pressage original de l'album, sorti chez Fan Club en 84, ainsi que celui de Get Back, contiennent le concert complet ce qui n'est pas le cas de toutes les éditions. Le set commence par deux nouvelles chansons écrites par Sylvain Sylvain, Red Patent Leather et On Fire. Viennent ensuite les reprises de Something Else et Daddy Rolling Stone (que Johnny Thunders reprendra plus tard sur So Alone). Girls est également une nouveauté amenée par Sylvain, suivie d'une autre de ses compositions, Down Down Downtown, et Pirate Love de Johnny Thunders qui figurera ensuite au répertoire des Heartbreakers.

Red Patent Leather est un disque de rock n'roll brut, une bande audio lo-fi qui permet de découvrir le groupe live car en 1984, il n'y avait quasiment rien de disponible sur le marché, hormis deux bootlegs, celui du concert de Dallas au club Gertie's et le second enregistré par RTL fin 1973. Ici, il s'agit donc de la dernière période des New York Dolls et l'album présente le grand intérêt de ne proposer quasiment que des nouvelles chansons jouées de façon percutante par un groupe qui semble être encore en très grande forme. Si la qualité de l'enregistrement peut rappeler celle de certains bootlegs, c'est aussi le cas de la pochette car elle contient des erreurs qui auraient dû être évitées, notamment la présence de Peter Jordan en tant que second bassiste au verso et qui, à ma connaissance, n'a pas joué avec les Dolls au Little Hippodrome. Ensuite, la date du concert est le 2 mars 1975 et pas le 2 mai comme l'indique toujours la pochette. Enfin, Girls est joué après le medley Ain't Got No Home/Dizzy Miss Lizzy, pas avant. Si ces erreurs paraissent presque volontaires pour donner un côté artisanal/bootleg à l'album, cela n'empêche pas Red Patent Leather d'être un excellent document d'archive, avec un pied dans les sixties par la qualité d'enregistrement qui rappelle les groupes garage punk et l'autre dans la période punk de '77 par sa fougue et ses compositions rock n'roll incendiaires. 

Merci à feu Patrick Mathé de New Rose et Sylvain Sylvain de l'avoir sorti avant que la bande disparaisse à tout jamais. 

Fernand Naudin

Commentaires

Pierre Anselme a dit…
Super article qui rejoint parfaitement mon avis. Je me souviens des copains qui se moquaient de moi lorsque je l'ai acheté, dans les années 80, considérant la qualité de l'enregistrement totalement déplorable. Fan Club a sorti des choses bien pires (un New Order assez inaudible, si je ne me trompe pas, mais là aussi une belle archive). Ce disque est essentiel et doit figurer dans toute discothèque de fan des New York Dolls pour toutes les raisons évoquées dans ton article. Et merci de rappeler aussi que McLaren a bien enfumé son petit monde avec ses prétentions de manager imaginaire. Et bravo pour tes autres articles sur les Dolls, notamment celui des débuts de Jerry Nolan, extra !
Monster a dit…
Salut Pierre, oui, ce disque doit figurer en bonne place dans toute discothèque de fan des Dolls. Idem le concert à Dallas de 73 et celui de décembre 72 où Nolan doit ses débuts. Ce sont des documents historiques. Merci pour ton commentaire !

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