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OTH, L'ÉLECTROCHOC... POUR NE PLUS JAMAIS REVENIR


Stéphan m'a contacté après avoir lu divers articles du blog, dont celui d'OTH, groupe dont il est fan et qu'il a souhaité évoquer ici. Merci à lui pour son texte et les photos.

  Je découvre OTH en 1986. J’ai alors onze ans. C’est mon grand frère, de neuf ans mon aîné, qui s’offre le second album Sur Des Charbons Ardents. Je franchis le Rubicon. Je passe directement des chansons de Chantal Goya et de Dorothée au rock dur, sans concession, jouissif des OTHiens. Je découvrirai, plus tard, que Spi avait déjà retranscrit cette sensation dans Musique Atteinte ('J’étais enfant, tendre et vicieux, je salissais mes draps. J’étais complexe et complexé, j’étais sans cesse sous presse. Le choc se fit avec le Rock, j’étais perdu d’avance !').Tout d’abord, l’objet. Une pochette recto sobre et percutante. Noire avec une typographie rouge sang qui dégouline et une photo sépia brisée, qui serait censurée aujourd’hui, de cinq gars nus du début du siècle dernier se tenant par les bras (clin d’œil à eux même).

1985, enregistrement de Sur Des Charbons Ardents

Le verso, un patchwork de clichés noir et blanc de leurs frasques scéniques avec, dans le coin droit, un Polaroid couleur, avec leurs bouilles dans l’encadrement d’une fenêtre. Spi, hébété et casquette de marin pêcheur sur la tête (ses origines bretonne), ressemble a un ado alors qu’il est le plus vieux… La pochette intérieure est un gloubi boulga (et oui, Casimir a bercé mon enfance ! ) de dessins rock’n’rollesque avec les paroles de quelques chansons. Bien vu, je ne comprenais pas tout à l’époque ! Enfin, la galette, transparente et rose qui tranche avec le noir de la pochette. Les ronds centraux sont affublés de traces palmaires comme si ils sortaient de garde à vue.

Studio 1985. SDCA

Mon frère me fait une copie cassette, je mets mes écouteurs de Walkman et c’est parti...
Onze titres de pur rock’n’roll ! Hargneux, sauvages, féroces, provocateurs,… Je reste scotché, abasourdi par tant de classe dans cette crasse… Je découvrirai, plus tard, que Spi adore les adaptations et qu’elles le lui rendent bien (Le Soleil Du Midi et Totem).

Depuis ce jour, marqué par une pierre blanche, je suis devenu un endoctriné. Marqué au fer rouge, je vais découvrir le reste…
Il y aura d’abord Sauvagerie (1988), je découvrirai ensuite Réussite que j’avais raté (trop jeune), le Live et enfin Explorateur (1990) qui signera la fin de l’aventure.

Enregistrement de SDCA, 1985

Petite parenthèse sur ce dernier qui, très mal mixé et produit, connaîtra une mise au pilori de la part de tous les aficionados. Même Motch aurait fracassé le vinyle sur le mur de son appart à l’écoute de cet opus. Pourtant, ce disque est cohérent dans l’évolution du groupe. Les textes de Spi sont toujours aussi percutant, plus matures certes, mais toujours fins et intelligents. Il faudra la sortie des bandes originales en 2019 pour apprécier ces enregistrements à leur juste valeur.

SDCA, 1985

Dans ma recherche archéologique du groupe, Internet sera mon ami. Je découvre, en vrac, les premières traces à partir de 1978, les démos, des live pirates et je rencontre des personnes qui gravitaient autour du groupe et même certains OTHiens.
Depuis, le temps a fait son œuvre, Dom et Beubeu sont partis (j’ai quand même pu les voir en concert dans leur fief avant cette triste réalité) et comme le disait Spi 'c’est notre dernière aventure, ça sera qu’un souvenir de plus' !

Pour résumer OTH, il faut juste écouter l’intro de Homme Des Cavernes Moderne:

'Nous sommes un groupe sauvage, farouche mais pas féroce.
Nous avons un pied dans l’univers des fantasmes et l’autre dans la réalité.
En bande comme des bêtes malsaines et impopulaires, nous obéissons à l’instinct du charognard.
Comme lui, nous avons appris la patience, comme lui, nous croyons que le rock’n’roll est la dernière aventure du monde civilisé…'

1985, enregistrement de SDCA

Durant 13 ans, OTH a inspiré le rock montpelliérain et hexagonal avec sincérité, intégrité et générosité. Leur influence se fait toujours sentir et ils resteront dans l’histoire malgré eux, même si Spi éructait Foutez vous la postérité au postérieur, c’est bien meilleur (Et vive les barbituriques).

En complément, si vous voulez découvrir la genèse du groupe vu de l’intérieur, procurez vous le livre de Philippe Messina (le bassiste) ici :

https://www.thebookedition.com/fr/ecris-et-cris-p-130874.html

Nous nous saluons !

Stéphan Blayac – 18/09/2026

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