Accéder au contenu principal

THE CURSE: INTERVIEW DEAD GROLL MAI 2017


Suite à l'article sur The Curse à Périgueux et avec l'accord d'Éléonore, voici l'interview que j'avais faite en 2017 pour le huitième numéro du fanzine Dead Groll
 
Comment se passe la tournée ? Avez-vous du monde aux concerts?

Anders Gustawsson (chant) et Peder Andersson (basse): 
pas énormément … En fait, ça dépend des dates. Hier soir à Beauvais, ça allait, mais le début de la tournée, en Belgique, a été difficile. Des soirs à 20 personnes, c'était pas terrible. Après, tout dépend aussi de l'endroit où tu joues. Si tu es dans un petit club avec 30 personnes, t'as de suite l'impression que c'est plein à craquer et inversement, dans une grande salle avec 70 personnes, tu te sens seul. Le concert en Espagne, à Bilbao, a été un super moment, beaucoup de monde, des gens très fans. Un truc de dingue, on y a joué à 13h30 un dimanche et c'était plein, les gens dansaient, chantaient, c'était super.

Photo Éléonore Rochas
Vous faites une tournée de 20 dates dans 4 pays, Belgique, Espagne, France et la Suisse pour finir. Allez-vous jouer en Suède de suite après pour promouvoir l'album ?

Anders Gustawsson: non, pas de suite, on va d'abord se reposer un peu, passer l'été et certainement qu'il y aura quelque chose en Septembre.

Avez-vous déjà tourné hors d'Europe ? Australie, USA, etc ?

Anders G: non, seulement en Europe.

Mais l'album a été produit à Los Angeles. Comment ça s'est passé ? Vous n'étiez pas là-bas ?

Anders G: Non, on l'a enregistré chez nous, en Suède, à Stockholm plus précisément, et ensuite on a envoyé les bandes au producteur, Dave Klein, pour qu'il finalise les mixes etc. Peut-être que ça permettra aux américains de voir combien nous sommes bons (rires).

Photo Éléonore Rochas
Quand avez-vous monté le groupe?

Hakan Göstas (guitare): il y a 6 ou 7 ans. C'est Anders et moi, au départ. Ensuite on a recruté notre batteur, Anders Bentell, et on a pas mal changé de guitaristes.

C'était la question suivante, Hakan, tu étais bassiste au départ, sur le EP et le premier album, avant de passer à la guitare. Que s'est-il passé ?

Hakan Göstas: en fait, je n'étais pas assez bon bassiste alors ils m'ont fait jouer de la guitare (rires).

Anders Gustawsson: il se plaignait tout le temps des guitaristes, du coup on l'a mis à la guitare. Il devient chaque jour un peu meilleur, il a un jeu fantastique. Et maintenant on a un super bassiste, Peder Andersson, et c'est un line-up qui va très bien.

Vous étiez dans d'autres groupes auparavant, je suppose. Quand avez-vous commencé à faire de la musique ?

Anders Gustawsson: j'ai commencé, j'avais 15 ans, je chantais dans un groupe punk. Ensuite j'ai été dans pas mal d'autres groupes, mais celui-ci (The Curse) est de loin le meilleur.
Anders Gustawsson à droite


Peder Andersson: la même chose qu'Anders, j'ai démarré à 14 ou 15 ans, dans un groupe punk, et ensuite d'autres formations jusqu'à arriver dans The Curse.

Hakan Göstas: pareil, 15 ans, groupe punk, et ensuite d'autres formations.

Anders Gustawsson: oui, mais tu as aussi joué dans un orchestre qui a fait un tube, Hot is the summer, t'étais dans le backing band, n'est-ce pas ?

Hakan Göstas: ouais.... c'était comme jouer avec Dick Rivers si tu vois ce que je veux dire. Le Dick Rivers suédois.

Anders G: je suis pas sûr que tu sois très fier de ça, mais au fond, c'était plutôt cool de le faire, non ?

Hakan G: c'était super cool, l'école du Rock N'Roll (rires)

Qui écrit les chansons dans The CURSE?


Anders G: c'est lui (désignant Hakan Göstas).

Hakan G: oui, j'écris la musique et le paroles.

Anders G: en fait, c'est un dictateur. Il ne nous laisse aucune liberté.

Hakan G:
exact, j'écris toutes les paroles et ensuite je le force à chanter. Si j'aime les voitures de marque Volvo et qu'il déteste, il n'a pas le choix, il doit chanter qu'il aime les Volvo, c'est ainsi.

Anders G: sérieusement, ça marche super bien comme ça. Ses chansons sont géniales, ça me convient parfaitement.

Quels sont les groupes marquants pour vous ? Vos influences, si on peut dire ainsi ? J'ai lu sur la pochette du premier LP que vous citez les Who, Dr Feelgood, Sex Pistols et MC5.


Anders G:
ouais, mais il y a tellement de groupes.

Oui, bien sûr, mais y a-t-il des groupes des années 80 et 90 que vous aimez, qui vous inspirent, ou est-ce que vous puisez seulement dans les 60's/70's ?

Hakan G: Ces groupes dont tu as parlé, des 60's et 70's, ce sont les fondations pour nous, en quelques sortes. Ils ont eu un gros impact sur nous et notre musique. Mais on aime également des groupes des 80's et 90's, Blur, Weezer, Offspring, The Hives, la scène de Manchester. Il y a Black Sabbath aussi, très bon, mais 70's. Tous ces styles n'en font qu'un finalement, ça dépend comment tu la joues mais c'est la même musique à la base.

Anders G: Iggy & the Stooges.

Désignant le tatouage 'LAMF' d'Anders Gustawsson: et Johnny Thunders & The Heartbreakers ?

Anders G : oui, bien sûr, et les New York Dolls, mon groupe préféré, les New York Dolls.

DG : à propos de votre nouvel album, Calcutta Sunrise, y a-t-il une signification particulière?

Anders G et Hakan G: c'est la gaule du matin, quand t'as la trique au réveil. C'est une sorte d'argot anglais. Ne le dis pas à Éléonore, s'il te plaît, elle aurait une mauvaise image de nous après.

Ok, c'est promis. Vos disques sont sortis sur différents labels. Pourquoi avoir choisi Pitshark pour les CD et Stryckhnine, par exemple, pour les LP ?

Hakan G: en fait, Stryckhnine est français, Beluga est de Stockholm, mais c'est un anglais qui s'en occupe, et Ghost Highway est espagnol. Du coup, il y a plusieurs personnes dans différents pays à s'occuper du disque et ça touche plus de monde. Quant à Pitshark, dès qu'on sort un disque il nous demande s'il peut le faire et c'est toujours avec plaisir car c'est un mec très cool, très sympa. Il a sorti des CD du groupe, on aime beaucoup travailler avec lui.

Il a aussi sorti un single, Son Of A Bitch/What's Up.

Anders G: oui, single et CD. Il est cool. On s'entend bien avec tous nos labels.

Vous avez déjà fait une tournée avec Iggy Stoner qui était passée par ici il y a deux ou trois ans. Comment vous êtes-vous rencontrés?

Hakan G:
en fait c'est venu d'un concert à Lille. Sa copine et lui sont venus nous voir et ils ont organisé le concert suivant. Ils étaient venus voir ce qu'on donnait.

Ok, et c'est comme ça que ça a commencé, après un seul concert ?

Hakan G: oui, parce qu'avant on avait un agent, mais ce n'était vraiment pas terrible. Tu sais, un agent peut parfois être un très gros branleur qui préfère aller à la plage plutôt que de faire son travail.

Anders G: mais maintenant avec Iggy et Sylvie, ça roule, ils aiment beaucoup la musique, le même genre de trucs que nous, et c'est forcément très important quand tu t'occupes d'un groupe. Et quand tu es amis en plus, c'est top.

Ok les gars, je n'ai plus de question, c'est super sympa d'avoir accepté cette interview.


Hakan G (désignant le batteur Anders Bentell) : tu dois lui poser des questions sur le van de tournée.

Le van ? Pourquoi ?

Anders G: allez, t'as droit à une question de plus. Demande à Anders ce qu'il pense du van de tournée. Il en est super content c'est un Chevrolet (le batteur, Anders Bentell, visiblement bien fatigué par le route, n'a fait qu'acquiescer d'un signe de tête)

Peder Andersson: il te reste une question à poser (désignant le petit mémo posé sur la table du bar, à l'envers face à lui, et écrit en français. Ce garçon doit être médium, j'aurais du lui demander les prochains numéros du Loto).

Exact Peder, désolé. Alors ok, dernière question, que pensez-vous de l'actualité politique et du monde tel qu'il est aujourd'hui ? Trump aux States après Obama, ça vous fait quoi ?

Peder A: c'est terrible. Le monde ne va pas très bien en ce moment. Tu parles de Trump, mais il y a aussi Theresa May en Angleterre, les Tories.

Hakan G: Le Pen, heureusement, n'a pas été élue, mais ce n'est pas bon signe tout ça.

Peder A: en Suède c'est pareil, beaucoup de fascistes.

Anders G: oui, mais qu'est-ce qu'on peut faire, finalement, à part aller en tournée et chanter des chansons qui sensibilisent les gens sur leur monde, sur ce qui les entoure ?

Merci à tous les quatre. On se voit au concert ce soir.

Anders G: Oh, est-ce qu'Éléonore écoutera cet enregistrement ?

Oui, je lui ferai passer si tu veux.

Anders G: ok, 'Éléonore, I love you ! Jé t'aime !'

Fernand Naudin

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MONSTER CHRONICLES - SLAMDINISTAS : WILD & RESTLESS

SLAMDINISTAS: Wild & Restless (Rum Bar Records LP/CD avril 2025) Je viens de découvrir ce groupe et cet album grâce à... Voix de Garage ! On ne change pas une équipe qui gagne, n'est-ce pas?  Slamdinistas est ce qu'on a coutume d'appeler un 'super band'  formé de musiciens expérimentés issus de Pat Todd And The Rankoutsiders , Chris Spedding , The Dogs  ou encore Jail Guitar Doors . La collaboration de ces solides gaillards aboutit à un disque au spectre très large. On y trouve du Glam U.S. comme il se faisait dans les années 80, du Punk, du Rock 'californien' qui chauffe comme le soleil sur Pacific Beach et même un titre avec une bonne grosse basse Funk,  Latch Key Kids , qui rappelle beaucoup ce que faisait Paul Simonon avec  The Clash  et les Stones période Some Girls . Du Funk-Rock, si on peut appeler ça ainsi. Et du Rock, il y en a beaucoup dans cet album, suffisament pour y trouver des ressemblances avec  Social Distortion , Ravagers , Neu...

MONSTER STORY - THE SEX PISTOLS' SPUNK BOOTLEG

  Spunk : label original SEX PISTOLS : SPUNK  (Blank records, bootleg LP 1977) Les questions posées par les fans et collectionneurs sur les réseaux sociaux m'ont amené à retracer l'histoire du bootleg LP le plus célèbre des Sex Pistols :   Spunk. A l'été 1977, l'album officiel du groupe n'est pas encore sorti et des petits malins - qui possèdent les démos enregistrées par le producteur/sonorisateur Dave Goodman - ne se privent pas pour sortir un des premiers bootlegs du groupe. Spunk  voit le jour en août ou septembre, selon les sources, soit quelques semaines avant l'album  Never Mind The Bollocks . Ce disque est donc un bootleg et n'est absolument pas autorisé, ni par le groupe, ni par son management, même s'il se raconte que le manager Malcolm McLaren n'est pas étranger à l'histoire. D'autres affirment que c'est Dave Goodman, mal payé pour son travail de producteur, qui aurait décidé de se rembourser en vendant cet album.  Original ...

MONSTER STORY - SO ALONE ? JOHNNY THUNDERS EN FRANCE, PAS SI SEUL.

Après le split des Hearbreakers , Johnny Thunders envisage de former un nouveau groupe avec Walter Lure et Billy Rath mais sans Jerry Nolan. Finalement, il part en solo mais maintient sa collaboration avec ses anciens compagnons Lure et Rath pour l'enregistrement de son album So Alone . Les sessions ont lieu aux  Basing Streets Studios de Londres, de janvier à juin 1978 et contrairement au titre de l'album, Johnny Thunders est bien entouré. Ils sont plus de quinze invités à  participer, musiciens, choristes, chanteurs et chanteuses, de Chrissie Hynde des  Pretenders , à Peter Perrett des  Only Ones , en passant par les  Hot Rods , deux ex  Pistols et Phil Lynott de  Thin Lizzy  sans oublier son fidèle lieutenant Henri Paul Tortosa avec qui il fondera Cosa Nostra quelques années plus tard. C'est un peu la crème de la crème de la scène Rock du moment qui épaule Johnny pour ce premier LP studio. Et le résultat est parfait, entre reprises des Shangr...

BLOGS ET PODCASTS