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RAMONES - SEX PISTOLS: UNE TOURNÉE AVORTÉE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

Melody Maker 6 Novembre 1976

Malgré la distance géographique qui les sépare et les rivalités montées en épingle par les médias, les Sex Pistols et Ramones forment le duo idéal pour une tournée commune en cette fin d'année 1976. Le gang US a déjà un album à son actif et les anglais, de plus en plus connus en Angleterre, s'apprêtent à sortir leur premier single.

NME 13 Nov. 76
Courant octobre, certaines rumeurs laissent présager de concerts communs aux deux groupes, puis le 6 novembre, la une du Melody Maker annonce une tournée de vingt dates, du 30 novembre au 21 décembre. Outre les Sex Pistols et Ramones annoncés comme têtes d'affiche, la tournée sera assurée par Chris Spedding and the Vibrators, Siouxsie and the Banshees et Talking Heads.

Un grand concert à Londres reste à confirmer par le promoteur Freddy Bannister lorsque, mi-novembre, tout s'effondre. Une annulation donnant lieu à de nombreuses accusations mutuelles. Le manager des Ramones, Danny Fields, affirme que le projet n'a jamais vraiment abouti, ce que Malcolm McLaren, qui s'occupe des Sex Pistols, dément. D'après Fields, seules trois dates sont vraiment validées par contrats et il ne fera pas traverser l'Atlantique à son groupe sans plus de garanties, c'est-à-dire une vraie tournée d'une vingtaine de dates signées. Même chose du côté de Talking Heads.

Sounds 13 Nov. 76
Le management de Chris Spedding voit quant à lui d'un mauvais œil que le guitariste anglais ne soit pas tête d'affiche vus le succès qu'il connait dans les charts. De plus, il ne lui est pas possible d'assurer toute la tournée car il doit participer à des sessions studio courant décembre. Face à cela, les Vibrators seuls sont envisagés, mais d'après leur batteur, 'Eddie' Edwards, il leur est impossible d'embarquer sur cette tournée sachant qu'ils ont déjà des dates prévues ailleurs:

On nous a proposé de partir en tournée avec les Sex Pistols mais notre manager, Dave, disait que Malcolm McLaren voulait des groupes pour assurer le spectacle, ce que nous n'étions pas. On avait sorti un single chez RAK, mais on n'avait pas touché d'avance, contrairement à ce qu'il pensait ; du coup, on n'avait pas les moyens de faire la tournée. En plus, on avait des concerts de prévus, qui nous étaient payés, alors c'était une décision facile à prendre.

Melody Maker 13 Nov. 76
De leur côté, Siouxsie & The Banshees n'ont encore rien validé, par conséquent il ne leur est pas difficile d'annuler. 

Malgré tout, McLaren prétend que les dates sont confirmées, qu'il n'y a aucune hésitation à avoir et, voyant que la tournée va être annulée, fait porter le chapeau aux Ramones'les Ramones ont simplement peur de jouer avec les Pistols à cause de l'image violente du groupe. Notre réputation de violence est complètement injustifiée. Il y a une sorte de vendetta dans le business envers les Pistols mais on y échappera. Les gens n'aiment pas le changement'.

Mais face au désistement des uns et des autres, il n’a d'autre choix que de trouver de nouveaux groupes. Après quelques prises de contact, il maintient les dates prévues et renomme la tournée Anarchy In the UK Tour, avec le soutien de The Clash, des Damned (puis Buzzcocks) et des Heartbreakers qui représentent la scène new-yorkaise en l'absence des Ramones.


Les articles du Melody Maker et du New Musical Express en témoignent, certaines dates prévues avec les Ramones (Norwich, Derby, Liverpool, etc.) sont maintenues pour l'Anarchy In The UK Tour avant d'être définitivement annulées suite au passage TV des Sex Pistols chez Bill Grundy. 

Ainsi, la tournée commune aux Sex Pistols et aux Ramones n'aura jamais lieu, mais les accusations et piques diverses des uns contre les autres iront bon train des années durant, comme dans toutes les bonnes histoires du rock n'roll... 

Fernand Naudin

NME 27 Nov 76

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