THE CLASH - TAKE IT OR LEAVE IT!
Sorti au même moment que No Fun/The Good Time Music Of the Sex Pistols, Take It Or Leave It! est le premier bootleg de Clash, paru sur le même label, Wise PFP. Il contient l'enregistrement du concert à l'Electric Circus de Manchester capté lors du White Riot Tour de 1977. Et comme pour le bootleg des Sex Pistols, il s'agit d'une petite production d'environ 250 exemplaires, peut-être 300, dont une centaine avec la photo de Denise Shaw, figure punk de Manchester et petite amie d'Odgie, batteur des Worst. Au verso, comme pour le bootleg des Pistols, se trouvent les informations relatives à l'album, la liste des titres, des photos, etc.
A l'époque, pour ceux qui n'ont pas encore vu le groupe sur scène, cet enregistrement clandestin permet d'écouter The Clash live pour la première fois et c'est un témoignage riche, saisissant, comme celui des Sex Pistols, car il permet de prendre conscience des capacités du groupe en concert à une époque où il est de bon ton d'écrire que Clash est un vulgaire garage band incapable de jouer. Et encore une fois, le parallèle avec les Pistols est frappant, ces deux groupes sont régulièrement victimes de critiques de la part de journalistes qui vont bientôt en faire les éloges pour mieux vendre leurs magazines...
Mais revenons à ce disque. The Clash est en tournée à travers le Royaume-Uni et joue à Manchester le 8 mai 1977 avec The Jam, The Slits et Subway Sect. Richard Boon, le manager de Buzzcocks, met la main sur l'enregistrement et en fait donc fabriquer une petite quantité exactement dans le même esprit que le disque des Sex Pistols, c'est-à-dire que certaines pochettes sont neutres, parfois un peu trop grandes, parfois tamponnées de 'White Riot Live', les labels varient également, selon les copies, ils sont vierges ou imprimés.
Les titres qui figurent sur la pochette respectent, pour la plupart, la set-list (seul Pressure Drop est rebaptisé JA), Police & Thieves passe en début de face B alors qu'il est listé en fin de face A au verso. Rien de méchant comparé à la liste fantaisiste du boot' des Pistols.
Cette production artisanale et limitée à peu d'exemplaires devient vite une rareté et au milieu des années 90, le disque est repressé (par des bootleggers différents du pressage original), Denise Shaw ne figure plus sur la pochette et le verso devient le recto, avec les titres et un texte à la gloire de Clash.
Musicalement, le groupe est très bon dans l'ensemble, même si White Riot est trop vite expédié. The Clash a sensiblement un an d'existence et une grosse vingtaine de dates derrière lui. Ce concert a de quoi faire taire les mauvaises langues et d'ailleurs, dans son article consacré à l'album et celui des Pistols (oui, les journaux chroniquaient les bootlegs à l'époque !), le Melody Maker écrit: 'Le bootleg des Clash, 'Take It Or Leave It', a été enregistré durant le White Riot Tour, à l'Electric Circus de Manchester, le 8 mai de cette année. Cette fois-ci, le son est plutôt bon et la prestation est totalement conforme au rock 'rentre dedans' que l’on peut attendre des Clash'.
Remercions ici Richard Boon, manager de Buzzcocks à l'époque, qui a eu l'excellente idée de sortir ce bootleg et celui des Sex Pistols. Ces deux albums ont permis à de nombreux fans de se faire une idée précise de qui étaient ces groupes sur scène. Et s'il avait fallu compter sur CBS et Virgin, nous attendrions encore.
Do It yourself !
Fernand Naudin






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