The Garage Files est une nouvelle rubrique dans laquelle vous trouverez une chronique de disque et l'interview d'un même groupe. Pour cette 'première', ce sont les bordelais The Wylde Tryfles qui s'y collent et je les remercie pour leur disponibilité.
Wylde Tryfles: Cave Girl
(Trash Wax EP 2026)
Trois morceaux, pas plus, pour que The Wylde Tryfles plantent le décor: guitares fuzz, énergie garage et cette ambiance délicieusement rétro qui nous ramène quelque part entre les clubs enfumés des sixties et le revival garage des années 80. Avec Cave Girl, le groupe impose une certaine atmosphère, puise avec gourmandise dans le garage des années 60, en conservent le versant le plus sauvage, sans polir les aspérités, y ajoute ce son plus moderne, cette production des groupes neo garage, et le mariage est parfait. C'est fuzz, mordant et je me retrouve soudain dans cette petite salle en pierres du vieux Bordeaux, lorsqu'ils y avaient joué avec leurs amis The Gee Strings. C'est brut, comme le faisaient ces gangs d'adolescents américains il y a soixante ans, sauvage comme le chant de Lubna et son Vox indomptable, comme la guitare de Francy et cette section rythmique qui ne faiblit jamais.
Trois morceaux, pas plus, pour que The Wylde Tryfles plantent le décor: guitares fuzz, énergie garage et cette ambiance délicieusement rétro qui nous ramène quelque part entre les clubs enfumés des sixties et le revival garage des années 80. Avec Cave Girl, le groupe impose une certaine atmosphère, puise avec gourmandise dans le garage des années 60, en conservent le versant le plus sauvage, sans polir les aspérités, y ajoute ce son plus moderne, cette production des groupes neo garage, et le mariage est parfait. C'est fuzz, mordant et je me retrouve soudain dans cette petite salle en pierres du vieux Bordeaux, lorsqu'ils y avaient joué avec leurs amis The Gee Strings. C'est brut, comme le faisaient ces gangs d'adolescents américains il y a soixante ans, sauvage comme le chant de Lubna et son Vox indomptable, comme la guitare de Francy et cette section rythmique qui ne faiblit jamais.
Vous l'aurez compris, The Wylde Tryfles puisent dans le garage 60's tout ce qu'il faut de mélodies, de riffs et d'attitude, en conservant l'empreinte du revival des années 80. Le résultat sonne rétro sans être poussiéreux et nostalgique sans tomber dans le pastiche.
The Wylde Tryfles: interview
The Wylde Tryfles: interview
Où avez-vous enregistré Cave Girl, à la maison ou en studio?
Nous avons enregistré 5 titres nous-mêmes dans notre local de répétition avec le matériel d'enregistrement 16 pistes qui appartient à Ollie notre bassiste. Il a les bonnes compétences pour enregistrer en numérique. L'acoustique du local est parfaite pour enregistrer car la pièce est déjà équipée de différents matériaux qui traitent l'acoustique comme des tapis, des mousses d'absorption sur les murs, dans les angles et le plafond au dessus de la batterie. Nous avons ajouté des cloisons pour isoler les différents amplis et la batterie, comme dans un studio classique qui n'est pas équipé de pièces supplémentaires pour isoler les amplis. La pièce conserve une légère réverbération naturelle assez audible.
Pour Outta Tyme, vous m'aviez raconté le déroulement des sessions d'enregistrement. Pour Cave Girl, comment cela s'est-il passé?
Une journée et demie de session non stop nous a été nécessaire pour placer les micros vintage Neumann qui nous ont été prêtés, régler les niveaux des prises de son, et enregistrer les cinq titres. Nous enregistrons en jouant en live avec batterie/basse/guitare/orgue, avec un témoin chant dans les casques. Dans la foulée, la piste de la voix lead, une piste supplémentaire de guitare est rentrée pour le solo et les gimmicks d'arrangement et enfin 1 piste pour les chœurs. Après écoute des deux prises successives, nous en retenons une pour poursuivre et ajouter la voix. Nous sommes retourné au local une semaine après pour réaliser ensemble en direct les mixages dynamiques des pistes en écoute sur des enceintes de qualité.
Vous jouez sur des instruments vintage?
Jouer sur des instruments anciens des sixties nous permet d'avoir le son et aussi de se retrouver dans un petit cercle de passionnés et surtout d'électroniciens réparateurs passionnés avec des stocks de pièces. Lubna joue sur un orgue VOX Jaguar de 1966. Dorian vient de faire l'acquisition d'une très belle batterie VOX Telstar dont la grosse caisse est en forme de larme (Teardrop), Lubna lui a offert une vieille pédale de grosse caisse ASBA avec la sangle en cuir trouvée en vide greniers. Ollie ne lâchera jamais sa basse violon HOFNER et son ampli basse ACOUSTIC 220/402 et ne veux pas entendre parler d'autre matériel moderne pour la basse. Francy a trouvé un baffle 18 pouces Selmer Goliath de 1965 pour sa tête Selmer 50w treble & bass, avec un HP à réparer, qui a appartenu au fils du patron de la première chaine de magasin de musique en Allemagne et il se trouve, avec certitude, que ce cab a été joué par les groupes anglais dès 65 pour l'émission de TV allemande Beat Club dont la scène était équipée en backline par le magasin. Ce couple Selmer fonctionne à merveille avec sa Fender Jazzmaster. Grace à Lubna, Francy vient d'acheter à la veuve d'un guitariste et électronicien, Emile Bonet, une de ses guitares Burns à un prix plus que d'ami. Un arrêt au studio "Garage hermétique" à Nantes pour déposer à Nicolas Moreau l'orgue Farfisa fast 3 de Lubna pour changer une carte oscillateur de FA#. Il se trouve que Nicolas connaissait très bien Emile car ce monsieur l'a formé à réparer des écho à bande Binson Echorec ! Nicolas était bluffé que le groupe possède maintenant une de ces guitares Burns. Le groupe de Mimile était reconnu comme groupe officiel de l'association de préservation et d'héritage d'Hank Marvin ! Le monde des musiciens et de l'entretien des instruments sixties est un cercle restreint. Les pédales de fuzz anciennes à transistors germanium sont rares car bien plus performantes en caractère que les rééditions mais elles sont moins domptables et moins versatiles mais cela permet de se rapprocher du son criard de l'époque et avec des mediums agressifs. Lubna chante sur un vieux micro prototype Shure, et Dorian chante sur un vieux Sennheiser md441... le grain est génial. Et tout notre matos est réparable !
Vous composez toujours tous les quatre?
Sur le dernier LP Outta Tyme, Francy avait proposé bien plus de la moitié des songs. Depuis, c'est toujours Francy qui compose principalement et Lubna qui écrit les textes, mais Lubna compose également à l'orgue dont Inside Out sur l'EP. Les compositions sont amenées en répétition quasiment structurées en couplets et refrains et break solo, avec la tonalité, les accords et une mélodie de chant. Nous les découvrons ensemble et Dorian propose des lignes de batterie en fonction du rythme imposé par la guitare, puis nous adaptons les rythmes & tempo et les lignes de basse sont créées par Ollie en live, puis retravaillées chez lui. Nous avons aussi quelques compositions collectives sur idée de base. CAVE GIRL, un hymne dédié aux cave girls, est une composition collective sur une idée de phrase de fuzz de Francy. La section rythmique possède les codes pour comprendre très vite les compos de Francy. Lubna a composé INSIDE OUT à l'orgue, et nous avons arrangé ensemble la structuration. Francy a composé END OF DAWN, cette song très dark psych garage ! Il a toujours un catalogue de nouvelles songs mais il veut aller plus vite que le groupe !
Votre EP sort sur Trash Wax Records. Pourquoi avoir choisi ce label après des collaborations avec Soundflat et Disques Rogue?
Marco Traxel de Soundflat est toujours prêt pour nous sortir un LP. Nous en avons parlé avec lui au dernier festival Cosmic Trip. Le groupe a préféré utiliser les 5 compositions de la session pour partir sur des formats single et EP, et ne pas attendre une autre session pour faire un LP. Le groupe n'avait pas encore sorti de format 45t, c'est nouveau pour nous. Jean-Marc de Rogue records a utilisé deux titres pour sortir ce magnifique single, d'ailleurs bientôt épuisé 6 mois après sa sortie. Franky Stein de Trash Wax nous avait vu en concert le jeudi au Cosmic et nous a proposé le lendemain de sortir un EP de 3 ou 4 titres. D'autres labels nous ont contacté depuis la sortie d'Outta Tyme sur SoundFlat, mais ils arrivent après la bataille car ce sont les mêmes qui ne voulaient pas de nous il y a 4 ans. Nous connaissons Jean-Marc et Franky Stein depuis un moment déjà et il était logique d'accepter leurs propositions car ce sont de véritables passionnés et les groupes qui figurent sur leurs labels le prouvent bien.
La pochette a été réalisée par Bruce Brand (ex-Milkshake, Headcoat, …). C'est lui qui vous a proposé de la faire ou bien vous qui l'avez contacté et pourquoi lui?
En fait, le label Trash Wax s'est occupé de toute la production sauf l'enregistrement et le mixage. Nous lui avons laissé carte blanche pour le mastering et pour la validation du visuel de la pochette. Nous avons envoyé deux photos du groupe prises par Cyril Babin. Cela est resté une surprise totale pour nous de découvrir le son du mastering par l'écoute d'un test pressing et la conception et le visuel de la pochette proposé par Bruce "Arthole" Brand. Trash Wax est allé le chercher après un essai infructueux avec autre graphiste anglais. Le label a décidé de tout en fonction de l'écoute des 3 chansons.
Vos disques sortent à combien d'exemplaires et où sont-ils pressés?
Les albums chez Soundflat, c'était 600 exemplaires, le single sur disques Rogue à 500 et Cave Girl à 300. Les pressages se font en Italie (Rogue), au Portugal, en République Tchèque, ça dépend.
Sur sa page internet, Trash Wax fait référence à Crimson Shadows et The Stomach Mouths pour présenter votre EP. Les groupes revival vous inspirent ils autant que le garage des années 60?
C'est véritablement élogieux pour notre groupe car ces deux groupes suédois sont dans nos références absolues du revival du 60's punk. Notre son et notre façon de jouer sont quand même éloignées des suédois, mais nous prenons le texte de présentation du EP comme un compliment. Nous avons tous écouté de nombreux groupes de garage revival depuis les différentes vagues tous les dix ans, y compris la nouvelle scène actuelle des USA comme The Wyld Gooms, The Night Times, The Sound Reasons, mais aussi The Crystal Teardrop, Glandula, The Low Spirits, Las Gonadas... Nous avons croisé les Wyld Gooms et les Crystal Teardrop deux fois et cela se passe très bien entre nous. Ils sont la nouvelle vague psych garage punk.
Quelle place occupe la scène dans la vie des Wylde Tryfles ? Vous tournez beaucoup?
Ces trois dernières années, le groupe a sillonné les routes pour se produire sur 20 à 25 concerts par an qui se décomposent en tournées de 4 à 8 dates hors France, et quelques dates de festivals en one shot, et le reste dans quelques villes en France. L'année dernière, c'était l'Espagne, la Belgique et l'Allemagne. Cette année, de nouveau l'Espagne en tournée mais nous avons joué moins souvent que les années précédentes, surtout en France. Pour l'année prochaine, Lubna travaille avec un booker anglais qui nous propose de tourner en UK, avec propositions de tournées plus ou moins longues à notre convenance. Nous verrons bien si cela se concrétise car nous sommes connus en UK à notre grand étonnement, et nous sommes attendus, la raison pour laquelle la tournée à un sens pour les clubs et les promoteurs anglais. Jean-Marc Varlet a contribué à notre renommée avec la diffusion et la promotion aux 4 coins de l'Europe et aux USA du single Something Weird / Till The End Of Time sur Rogue records. Il en sera de même pour l'EP sur Trash Wax ! Il est déjà disponible en série limitée à 100 exemplaires en vinyle rose avec un badge comme goodie. Le reste va sortir en vinyle noir à 200 ex. Le groupe souhaite jouer aux Pays-Bas et rejouer en Belgique et en Allemagne. Franky Stein connait du monde aux Pays-Bas et va peut-être nous aider.
La scène est-elle plus importante ou aussi importante que sortir des disques?
Les deux sont essentiels pour notre groupe. Composer et enregistrer demeure notre cible favorite, surtout celle de Francy qui ne supporte pas de jouer les mêmes songs sur scène pendant plus d'un an, et cela nous permet de faire évoluer notre style d'un disque à l'autre avec toutes les idées de nous quatre. Tourner nous permet de présenter nos disques en live et surtout de croiser ceux qui nous aiment et qui nous soutiennent, et une réelle amitié s'installe au grès des rencontres car nous aimons faire la fête avec ceux qui viennent nous écouter. Au Wachina wachina, les groupes restaient en backstage et nous étions les seuls à sortir, danser et boire des coups avec les festivaliers au rythme des DJsets.
Est-il facile de trouver des concerts dans la région?
Nous jouons peu à Bordeaux ou en France car tout simplement personne ne souhaite nous faire jouer. Le garage à tendance sixties ou garage revival ne comble pas les caves ou les scènes en France... Cela n'est pas nouveau depuis 5 ans. Alors nous nous exportons à l'étranger pour jouer dans des clubs souvent plus bondés. C'est quand même mieux pour nous. Des orgas en France nous ont fait jouer dans des festivals (Cosmic Trip, Pavillon 108, Crasse de Meule, Very rock trip) et ils n'ont pas été deçu de notre prestation... mais cela reste épisodique. Le Sixties Garage punk que nous jouons n'est ni du punk ou post punk, ni du garage punk, ni du pop sixties. Bref, le 60s punk revival n'intéresse pas le public français... mais nous remplissons les clubs hors France, nous nous y retrouvons bien.
Vos amis les Gee Strings sont passés chez nous dernièrement, vous avez pu vous voir?
Nous étions devant la scène quand ils ont joué au Cosmic cette année mais nous n'étions pas disponibles pour les voir à Périgueux. Lubna a contacté l'orga Les Tricards de Crasse de Meule à Brest pour proposer de les faire jouer en appuyant leur candidature, les Wylde Tryfles avons joué l'année dernière et l'orga est redoutable, le public brestois est terrible. Elle a tenté de les faire jouer sur cette tournée dans un club à Bordeaux mais un lundi ou un mardi.. cela n'a pas fonctionné. Nous nous sommes croisé quelques jours dans les Landes... notre rituel annuel.
Merci, The Wylde Tryfles !
Fernand Naudin




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